Contenu : Dubrovnik – Péninsule de Peljesac – Neretva
Dubronik – la perle de l’Adriatique
Un surnom qui lui va bien, non pas qu’elle soit sphérique et brillante, et bien qu’elle ait un peu de concurrence au bord de l’Adriatique (Venise en exemple). Pour la Croatie, elle règne sans conteste. Inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO, sa vieille vielle se découvre de l’intérieur, d’en dessus, de l’extérieur, du large et de beaucoup plus haut. Dans tous les cas, elle resplendit de par sa muraille (ou sa coquille), sa position dominante sur la mer, ses monastères, ses églises, ainsi que ses toitures se fondant les unes avec les autres.
Pour faciliter la lecture, voici une carte interactive qui répertorie les différents lieux mentionnés dans notre récit :
(cliquez en-haut à droite pour agrandir)
De l’intérieur… Quand vous vous engagez dans Dubrovnik par son entrée ouest porte Pile (1, du nom du quartier à l’Ouest), vous êtes directement dans le bain. Devant vous, la rue principale Stradun (2) traverse la ville jusqu’au port et la divise en deux. Au nord, les constructions et les rues parallèles étroites montent progressivement vers les remparts. Au sud, davantage de douceur dans le relief, des contre-allées légèrement plus larges et quelques places, davantage de bâtiments importants aussi.
Directement à l’entrée se situent le monastère des Franciscains (3) et la fontaine d’Onofrio (4). Cette dernière est la plus grande de la ville, avec 16 côtés, donc 16 robinets avec chacun un bas-relief différent (à vérifier en faisant le tour). La Stradun est marchande et surtout riche en terrasses, l’occasion de boire un café hors de prix (à moins de préférer un bar plus en retrait). À l’opposé, la porte (5) menant au vieux port (6) est accompagnée de la tour de l’horloge. La place Luža (7), au pied de la porte, est cadrée par les Palais Sponza (8, actuelles archives de la ville) et l’église Saint-Blaise (9). Cette église a été bâtie sur les fondations d’une autre église plus ancienne, détruite par un important tremblement de terre en 1667. C’est le cas d’une large partie de la ville. Celle-ci a également subi des bombardements lors de la Guerre d’indépendance de la Croatie.
Depuis la place Luža, il suffit de tourner les yeux vers le sud pour apercevoir la cathédrale (10). De là, en empruntant (comme nous) les diverses ruelles du sud de la vieille ville, vous tomberez certainement sur l’église Saint Ignatius (11). Nous n’avons pas cherché les lieux de tournage de la série Game of Thrones, mais il est sûr que les escaliers au pied de l’église en font partie. Le nombre de selfies observés ne saurait s’expliquer autrement.
À l’est, après le monastère dominicain (12), vous pourrez franchir la porte de Ploče (13), puis traverser le pont et le fort de Révelin (14), vous une sortie avec panache. Ce fort est, en temps normal, un lieu de soirées animées.

Fontaine d’Onofrio, église Saint-Sauveur et monastère des Franciscains, de nuit.

L’une des faces de la fontaine d’Onofrio.

Ruelle en pente de la moitié nord de la vieille ville.

Une vieille ville à observer dans le moindre détail.

Curiosité, malgré l’exigüité, la vieille ville renferme deux terrains de sport (à vous de les trouver).
Du dessus… L’offre en visites (monuments et guides) est importante à Dubrovnik. Il y en a une que l’on vous recommande particulièrement, malgré son prix, c’est le tour de la muraille. Celle-ci donne une vue sur la vieille ville que vous ne pourrez guère avoir autrement. C’est en particulier le cas depuis la tour Minčeta (15), l’un des symboles de Dubrovnik. Il y existe au minimum deux accès aux remparts (16 et 17), d’autres semblent les compléter par forte affluence. Nous avons eu la chance de faire la boucle par basse fréquentation, un must.

Le clocher du monastère des Franciscains domine l’ouest de la ville, avec le fort de Lovrijenac en arrière-plan.

Les murailles, pour une visite au top.

On n’est pas les seuls à apprécier la vue.
Autour… Les remparts se découvrent aussi de l’extérieur. Le fort Lovrijenac (18) était un élément stratégique de défense du temps de la République de Raguse. Dubrovnik, sous sa dénomination italienne Ragusa, était la capitale de cette république entre 1358 et 1800. Ainsi, il n’est guère surprenant que ce fort constitue un point de vue de qualité (et réputé) sur la vieille ville. Un peu plus loin (19), le recul fournit un panorama intégrant simultanément le centre historique et Lovrijenac. À l’opposé, le fort Révelin (14) offre également un beau spectacle, avec le vieux port en premier plan. Peu après, quelques escaliers mènent à la rive, pour une autre perspective (20). Les bâtiments voisins (21, lazareti) servaient à la mise en quarantaine, à l’époque de la république de Raguse et de sa riche cité marchande, pour une défense efficace contre les épidémies. (No comment !)
S’éloigner et monter un peu dans la zone résidentielle au Nord, assure également des opportunités de point de vue notamment depuis la rue Gornji Kono (22).

Porte de Ploče et pont de Révelin.

Remparts de la vieille ville prolongés par les falaises sur la côte Adriatique.

Avec un peu de recul, on peut admirer la vieille ville au coucher du soleil.
De plus loin et plus haut… S’élevant à un peu plus de 400 m d’altitude, le mont Srd (23) domine Dubrovnik. Il peut être atteint en téléphérique, nous avons privilégié la marche (depuis 24). L’occasion d’examiner la ville et la côte sous un angle de plus en plus aérien.
Logeant dans l’ouest de Dubrovnik, nous avons fait une jolie balade au milieu des bruyères en fleur, avant de descendre en direction du port Gruž, autrement dit du port de marchandises (gruž signifiant cargaison). Quelques perdrix bartavelles se sont laissées entendre, mais pas apercevoir.

Où est le chemin ? Là à gauche, merci, Madame !

Un peu d’amour pour ces beaux papillons – Azuré de la luzerne (Leptotes pirithous.

Vue imprenable sur la vieille ville de Dubrovnik et l’île de Lokrum.
La ville hors remparts… Sans avoir sillonné Dubrovnik dans son intégralité, nous en avons tout de même parcouru une part importante. Peu de choses à mentionner. Le parc de Gradac (25) est sympathique, sans prétention, avec dans son prolongement un accès à une petite plage rocheuse. À l’ouest du parc (26), on peut observer l’hôtel Rixos Libertas (construit entre 1968 et 1974). D’une forme en escalier assez usuelle aujourd’hui, il avait séduit le jury du concours par son intégration dans la topographie naturelle. Imaginez l’impact visuel d’un bâtiment droit.

La ville hors remparts de nuit, avec un bateau de la compagnie maritime nationale – Jadrolinija.

Le Grand Hôtel Impérial, premier hôtel moderne de Dubrovnik, construit à la fin du XIXe et surélevé à deux reprises depuis.
Se déplacer… Le bus fonctionne bien, tout comme la marche (un peu dangereuse par endroit à cause de la circulation), tandis que le parking est hors de prix à proximité de la vieille ville, prenez cela en compte lors de votre visite et du choix d’un logement.

Voilà un mode de transport que nous n’avons pas encore testé.
Faits divers… Nous sommes Suisses et aimons le chocolat, donc forcément Raguse (Ragusa en italien), cela nous évoque un produit de chez nous. Dans le mille, le nom de la marque est issu d’un souvenir de vacances de Camille Bloch, fondateur de l’entreprise du même nom qui élabore le Ragusa. Et le Torino alors ? 🤓.
Amateurs de libellule (en tout cas l’un de nous), on a aussi cherché le lien entre Palais Sponza et Lestes sponsa. Rien à voir, Sponza provient de spongia, l’éponge (quelle relation avec une ancienne douane ?), tandis que sponsa signifie fiancée, l’insecte en question est d’ailleurs appelé Leste fiancé en français.

Leste fiancé (Lestes sponsa) mâle photographié en Estonie.
Péninsule de Peljesac
À peine à une vingtaine de kilomètres au nord de Dubrovnik, la péninsule de Peljesac est une fine bande de terre qui s’étend sur environ 70 km dans la mer Adriatique. Entre les deux, la route offre plusieurs points de vue sur les îles Élaphites.
En chemin, nous avons fait une étape à la recherche de la rare émyde des Balkans ou émyde caspienne occidentale (Mauremys rivulata), une tortue d’eau douce.

Coucher sur les îles Élaphites en sortant de Dubrovnik.

L’archipel des Élaphites sous un autre angle.

Une émyde des Balkans (Mauremys rivulata) prend le soleil tout en guettant prudemment les alentours.
En arrivant sur la presqu’île, Ston se fait rapidement remarquer. Ce modeste village carré était un fort actif dans la protection de la République de Raguse. Il comporte donc des remparts, mais se distingue surtout par une seconde muraille qui ferme la péninsule et relie Ston à Mali Ston (petit Ston).
Peljesac, peu habitée, est largement couverte de maquis plus ou moins dense et plus ou moins rocheux. De nombreux lopins sont cultivés, avec une proportion importante destinée à la production viticole. La presqu’île est d’ailleurs réputée pour ses vins rouges des appellations Dingač et Postup. Le cépage principal est un classique en Croatie, le Plavac Mali (petit bleu).

La muraille extérieure de Ston est en partie doublée, passant au pied et sur la colline.
Nous y avons principalement apprécié le paysage idyllique vers la plage de Vučine, depuis laquelle un chemin mène au mont Sveti Ivan. Les couchers de soleil en direction de l’île de Korčula étaient aussi magnifiques, par exemple depuis le sommet de Bila Ploča (pas 100 % sûr du nom du sommet), en dessus du village de Donja Banda, ou encore depuis cet endroit.

Les environs de la plage de Vučine.

Quoi de mieux pour terminer la journée ?
Presque à l’extrémité de l’île, la baie de Česminova constitue également un beau paysage côtier. À proximité, on peut observer d’anciennes parcelles agricoles. Malgré leur abandon, on se rend compte de l’effort important que leur mise en culture avait demandé. Examinant l’épaisseur des murs qui les entourent, on se dit qu’il devait y avoir plus de cailloux que de terre.
Sur le retour, nous avons effectué un arrêt “coucher de soleil”, puis quelques courses. La nuit étant bien installée, nous avons passé le trajet en voiture à scruter la route avec précaution pour éviter d’écraser un animal. Puis soudain : “Non cela ne doit pas être ça, c’est certainement un renard.” Un moment après, à deux pas de notre logement : “Cette fois c’est sûr : c’est un chacal doré !” Nous avons pu donc apercevoir deux individus de ce discret canidé nocturne (chassé en Croatie). L’un de nos plus beaux souvenirs à Peljesac. Parmi nos observations, on peut aussi mentionner le crapaud vert (Bufo viridis, bien présent), le lézard des murailles de Dalmatie (Podarcis melisellensis) et surtout trois petites mangoustes indiennes (Herpestes auropunctatus). Intéressant à regarder, ce dynamique animal a été introduit, en provenance d’Asie. Il semble hélas poser problème à la faune locale, principalement aux reptiles.

À proximité de la baie Česminova.

Crapaud vert (Bufo viridis), un compagnon des fins de journée.

Nous avons également rencontré un bolide aux reflets métallisés et colorés, un coléoptère d’environ 30 mm, le calosome vert (Calosoma sycophant).
Un peu plus au nord – la Neretva
En quittant Dubrovnik et la péninsule de Peljesac en direction du nord, il est pour l’heure nécessaire de traverser la Bosnie-Herzégovine. En effet, le comitat de Dubrovnik-Neretva est coupé en deux par ce pays.
L’état croate a cependant décidé de changer cette situation en créant un pont, d’un peu plus de 2 km, par-dessus la baie de Mali Ston. Ainsi, une nouvelle route passera à travers la péninsule de Peljesac et permettra de connecter Dubrovnik à Split sortir de Croatie.

Un pont annoncé pour 2022, pour relier la Croatie à… la Croatie.
Nous n’avons pas grand-chose à écrire sur nos deux passages (aller et retour) en Bosnie-Herzégovine. Aucune difficulté à la frontière, mais des contraintes liées à la situation sanitaire mondiale nous ont forcés à effectuer le trajet avec un délai maximum d’une heure (pour 10 km de route, c’était faisable). Pas le temps de faire un détour par Mostar, par les chutes de la Kravica ou par…

Neum, petite ville touristique du bord de mer bosnien.
Le long de la côte, au nord de la Bosnie-Herzégovine, le comitat de Dubrovnik-Neretva est constitué essentiellement par le delta du fleuve Neretva. Ce delta a été profondément remodelé pour y devenir une importante zone de production agricole, comme un grand verger dans et sur l’eau. Nous avons traversé le secteur à la saison des mandarines, en vente partout dans les alentours. La région est d’ailleurs parfois nommée la Californie croate en raison de l’abondance des agrumes. Les mandarines cultivées sont des mandarines satsuma (Citrus reticulata subsp. unshiu) de variété Owari. Tout ça pour dire qu’elles sont un peu plus jaunes que ce dont nous avions l’habitude. Vendue encore légèrement verte en début de saison, il suffit de les laisser prendre des couleurs quelques jours pour les déguster. Elles sont très bonnes. La ville proche est Ploče, lieu de villégiature apprécié (semble-t-il) et deuxième plus grand port de marchandises de Croatie, après Rijeka.

Delta de la Neretva, comme un grand verger.
Laisser un commentaire